Béatrice Gisclard est designer et docteure en Géographie. Elle travaille sur les questions environnementales au sens large et sur la question des risques comme prisme de lecture de nos sociétés. Le cœur de ses recherches interroge l’engagement et la participation citoyenne dans les politiques de gestion des risques et les apports du design social dans ces domaines. Ses travaux portent sur les risques naturels (inondation – canicule), l’alerte à la population et les réseaux sociaux numériques dans la gestion de crise. Elle développe actuellement des travaux en termes de design fiction dans le contexte des catastrophes majeures.
Synthèse réalisée par Léona Gourgeon dans le cadre d’un stage au LHAC avec Emeline Curien, sur la base de l’intervention donnée à l’ENSA-Nancy le 8 Avril 2025.
Dans la présentation de sa conférence, Béatrice Gisclard affirme, en citant le rapport Brundtland de la Commission des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement de 1987, que les évènements climatiques de l’ère anthropocénique ne sont plus des fictions destinées aux « générations futures »[1]. Des manifestations environnementales et sociales intenses sont déjà présentes dans les vies de nombreux êtres humains sur la planète et elles affectent des pays occidentaux qui pouvaient se penser à l’abri de phénomènes de telle ampleur. Souvent dévastatrices, ces épreuves ne nous laissent cependant pas totalement impuissant·es. Elles ouvrent des champs de réflexions et d’actions très larges adressés aux disciplines de conception. Dans son intervention, Béatrice Gisclard développe une pensée sur les potentialités du design social à proposer des alternatives et des pas de côté, pour faire face collectivement aux risques (climatiques et technologiques) sur les territoires. En effet, en s’appuyant sur les expertises d’usages, cette pratique outille des médiations entre les gestionnaires des risques et les populations, en renforçant la participation citoyenne. En passant de la vulnérabilité à l’inventivité, le design social nous permet, en miroir, de réinterroger la question de l’éthique, les enjeux et les méthodes en architecture.
Pour Béatrice Gisclard, il est d’abord essentiel de construire une critique socio-systémique du risque : les vulnérabilités ne résultent pas de faiblesses humaine ou naturelles, elles sont le résultat de structures sociales, politiques et territoriales inégalitaires, qui rendent certaines populations plus exposées que d’autres aux catastrophes. À partir de cette définition du risque, elle explique dans sa conférence ce qu’est le design social : un mode de conception qui fait face aux réalités politiques, aux structures institutionnelles et aux contraintes liées aux dispositifs de financement, pour construire des processus de co-conception. Ce faisant, celui-ci permet de repenser les dispositifs participatifs en prenant en compte les dissensus qui traversent les sociétés. Elle explique ensuite les limites de la notion de résilience dans les processus de reconstruction et précise qu’elle préfère aborder ces questions à partir d’un point de vue décolonial et sous l’angle des vulnérabilités plurielles qui s’adaptent au contexte du projet. Pour finir, elle aborde les enjeux liés à la pédagogie dans les situations de risques et rappelle l’importance de la transmission dans la conception de projets.
Comprendre les vulnérabilités : une critique socio-systémique du risque
À travers cette conférence, Béatrice Gisclard déconstruit la nature même des risques : l’essentiel des aléas qui menacent les populations sont dus aux impacts de l’anthropocène et à la transformation des conditions climatiques, mais ce sont les contextes sociaux, politiques, territoriaux et culturels qui transforment ces aléas en catastrophes. Ainsi, les « risques s’inscrivent dans des vulnérabilités socio-systémiques : ils n’ont d’existence que parce qu’il y a des enjeux humains ». Une inondation dans une zone non bâtie est un aléa, le même évènement survenant dans une zone habitée est une catastrophe. De même, un séisme survenant dans un pays pauvre et un évènement de même intensité touchant un pays dit développé n’auront pas le même impact, le second pouvant même passer inaperçu. Les effets des inondations, des canicules, du risque nucléaire… sont donc révélateurs des inégalités sociales, territoriales, politiques et culturelles. Béatrice Gisclard poursuit, en citant Niget et Peticlerc (2012), en expliquant que le risque est donc « un fait de culture c’est à dire qu’il reflète la façon dont la société se représente elle-même, envisage les phénomènes qui la menace et définit l’altérité qui la borne ». Cela signifie que chaque territoire vit, interprète, gère et transmet le risque de manière spécifique. La vulnérabilité socio-systémique traduit ainsi la manière dont les populations sont exposées aux risques et à quel point elles sont préparées à y faire face.
Les inégalités entre territoires et populations se traduisent aussi dans les dispositifs d’alertes, de protection et d’évacuation. Il est urgent de requestionner des approches, parfois trop simplistes, en prenant en compte les réalités sociales, les cultures locales et les expériences vécues par les habitant·es. Pour Beatrice Gisclard, le design social peut ici jouer un rôle de premier plan : l’enjeu n’est pas de répondre aux besoins depuis un point de vue technique et solutionniste, mais en ayant un regard critique et en trouvant des outils pour permettre aux habitant·es d’agir face à ces situations d’urgence. Cette approche rejoint les travaux de recherche de Patrick Lagadec que cite Béatrice Gisclard, il qualifie les crises contemporaines d’« événements sans mode d’emploi », marqués par l’incertitude, l’imprévisibilité et l’interconnexion des systèmes. Béatrice Gisclard s’inscrit dans cette vision, en montrant que le design peut devenir un outil d’interprétation et de médiation face à cette complexité et peut aussi intervenir pour accompagner ces processus après la catastrophe, quand la société doit « refaire identité et créer sa propre dynamique temporelle entre tradition présentisme et modernisation ».
Le design social : faire face aux réalités politiques et aux institutions sociales
Dans le prolongement de sa critique systémique du risque, Béatrice Gisclard définit le design social comme un ensemble de pratiques de conception qui met à distance les principes sur lesquels repose la société capitaliste. Cette approche s’éloigne d’une logique basée sur la production et sur la standardisation et qui est déconnectée des réalités locales. L’objectif est de valoriser une conception en lien avec le contexte, que ce soit d’un point de vue social ou environnemental, afin de répondre au mieux aux besoins d’une collectivité. Il s’agit de faire « avec » et non « pour » les usagers. Cette démarche peut s’incarner à travers des démarches de concertations, des dispositifs participatifs ou des méthodes collaboratives, qui permettent aux habitant·es d’être véritablement acteur·rices du projet.
De manière générale, quand on pense au design, on pense immédiatement à des objets ou à du mobilier. Mais dans cette conférence, Béatrice Gisclard nous explique que le design ne concerne pas que la production d’objets : c’est un processus qui mêle les relations humaines aux conditions politiques, sociales et territoriales. Elle explique que « les projets doivent respecter une certaine éthique et bienveillance, œuvrer pour le bien commun et être confié en collaboration. » Cette discipline « permet de comparer les points de vue en associant l’expertise des professionnels et les expertises d’usage des bénéficiaires, considérés comme experts de leurs quotidiens ». Grâce au design social, ces destinataires du projet voient leur capacité d’agir renforcée.
La pratique du design social que décrit Béatrice Gisclard s’inscrit dans une forme de contradiction permanente : elle se veut décoloniale, participative et ancrée dans son territoire, mais elle se heurte souvent à une réalité politique, à des institutions et à des modes de financements qui visent d’autres objectifs. En effet, le design social ne se limite pas à des interventions à petite échelle : il interagit avec des structures plus vastes telles que des institutions publiques et intègre des normes administratives et des logiques de financement. Par ailleurs, les concepteurs et conceptrices doivent rester conscient·es que les politiques publiques peuvent s’approprier un projet à des fins de communication, voire en détourner le sens initial. Par exemple, la mise en place d’une concertation peut être récupérée par une collectivité pour faire croire à une co-construction réelle d’un projet, alors même que les décisions majeures ont été prises en amont des échanges et sans prendre en compte la parole des habitant·es. Le design social prend alors une dimension critique, par le fait qu’il est en constante interrogation sur ses outils et sur les méthodologies mobilisées en regard des conditions d’intervention propres à chaque contexte. L’acte de construire représente une prise de position qui peut parfois être une forme de résistante face aux politiques et aux administrations. Le design social vise donc à expérimenter et à tisser du lien entre les expert·es, les institutions et les habitant·es.
Co-conception et dissensus : repenser les dispositifs participatifs
La co-conception (ou co-design) est une méthodologie par laquelle les usagers, habitant·es, acteur·rices et concepteur·rices participent activement et collectivement à la construction d’un projet. Elle vise à produire des réponses plus adaptées aux besoins des humains ou non-humains vivant sur le site sur lequel elle intervient. Pourtant, Béatrice Gisclard nous met en garde contre une vision idéalisée ou simplifiée de cette logique de participation. En effet, elle explique que les participant·es aux concertations ne portent jamais une voie neutre, et que les dispositifs de co-conception peuvent eux aussi être traversés par des rapports de pouvoir, des exclusions, et des formes d’instrumentalisation. En effet, cette co-conception est souvent utilisée à des fins politiques, et parfois très mal préparée, ne permettant alors pas d’inclure une part représentative de la population du site.
En d’autres termes, la mise en place d’une démarche de participation citoyenne ne suffit pas à garantir l’équité d’un projet car tout le monde ne parle pas de la même façon, tout le monde n’est pas entendu de la même manière, et tout le monde n’a pas le même pouvoir social. En effet, les habitant·es qui se trouvent acteur·rices des projets sont souvent celles et ceux qui ont une aisance à parler en public, qui sont déjà engagé·es politiquement, mais rarement les personnes issues de catégories sociales modestes et n’ayant pas eu d’éducation aux sujets d’aménagements. Or, ces personnes en marges sont souvent celles qui possèdent le plus de besoins auxquels les concepteur·rices doivent répondre.
Béatrice Gisclard questionne aussi la méthodologie mise en place pour rendre les habitant·es acteur·rices du projet. Les concertations se déroulent trop souvent une fois que le projet est établi : elles deviennent donc une simple mise en scène, où la parole des habitant·es n’est pas réellement prise en compte et n’a aucun impact sur la définition du projet et sa mise en forme. Béatrice Gisclard insiste sur le fait que la participation d’habitant·es n’est un simple acte de présence : elle demande une préparation en amont pour permettre à toutes et tous d’avoir un temps de parole équivalent et d’être écouté. Béatrice Gisclard appuie ses propos sur la pensée d’auteur·es comme Afonso Matos ou de Sherry Arnstein, qui, dès 1969 dénonçait la « fausse participation » dans sa fameuse échelle de la participation. Dans la continuité de ces travaux, Béatrice Gisclard, cherche également à « réhabiliter le dissensus », c’est-à-dire la possibilité d’une confrontation vertueuse de différents points de vue, dans un cadre d’écoute, de médiation, et de non d’effacement des positions minoritaires.
Si la co-conception permet de réinterroger les processus de projet en intégrant les habitant·es dans toute leur diversité, elle ne doit pas se limiter à la phase de conception en elle-même mais doit s’inscrire dans le temps long de l’après, celui de la reconstruction et de la résilience collective.
Résilience et reconstruction post-catastrophe : se relever et réinventer l’habiter
Face aux enjeux plus spécifiques de la reconstruction, le design social a pour but d’accompagner les territoires et les communautés dans leur capacité à se relever et à habiter à nouveau des lieux marqués par une catastrophe. Béatrice Gisclard s’oppose à une vision étroite de la résilience, lorsque celle-ci ne signifie qu’un simple retour à la normale grâce à des opérations techniques. Elle préfère défendre une résilience habitée plus lente, située et ancrée dans son territoire. Elle rejoint en cela l’architecture « régénérative » défendue par Corinne Mermillod, qui ne vise pas à effacer la catastrophe ni à revenir à un état pré-catastrophe. Béatrice Gisclard cherche ainsi à inscrire l’événement dans le territoire pour mieux accompagner les transformations futures, tant spatiales que sociales. Il ne s’agit pas simplement de rebâtir et comme elle le souligne : « on ne reconstruit jamais à l’identique ; il y a non seulement des réorganisations spatiales, mais aussi des réorganisations sociales. »
Ainsi, à la suite d’une catastrophe, la reconstruction ne doit pas se limiter à une simple réparation ou au respect des normes. Elle doit prendre en compte à la fois l’humain et le non-humain, et lier le phénomène de réparation avec celui de transformation, en s’assurant de la pérennité des propositions. La complexité réside aussi dans la difficulté à mesurer les effets, à court terme et à long terme des politiques de reconstruction.
Par ailleurs, Béatrice Gisclard critique la manière dont certaines institutions utilisent le terme de résilience pour justifier une reconstruction rapide qui impacte en profondeur les modes vie et les dynamiques locales. Elle dénonce un mode opératoire qui demande aux habitant·es de s’adapter aux transformations politiques, alors que se devraient être les transformations politiques qui s’adaptent aux habitant·es. Comme l’écrit Maria Grace Salamanca Gonzalez, « normalement, le contexte et la culture nous auront donné des réponses pour vivre notre vie sans avoir besoin d’y penser. Mais il peut arriver que nous fassions face à des situations nouvelles, pour lesquelles la culture n’a pas de réponse. […] Il peut aussi arriver que les conditions socioculturelles changent et que, de fait, les réponses s’avèrent inadéquates pour les personnes qui y seront confrontées. […] Finalement, nous faisons parfois face à des contextes d’interculturalité et de diversité : c’est-à-dire que les membres d’une culture se rendent compte qu’il existe d’autres possibilités de répondre à la même situation dans d’autres communautés. »[2]
Cette citation rappelle que la reconstruction ne peut s’appuyer uniquement sur la culture, les traditions et des normes établies. Elle suppose une capacité d’adaptation, une ouverture à l’interculturalité, et une volonté de co-construire de nouvelles réponses, avec des populations locales. La résilience ne doit donc pas être un retour identique à l’avant de la catastrophe, mais peut conduire à une réinvention de la manière d’habiter.
Pédagogie et transmission : construire une culture du risque partagée
Au cœur de cette approche, le design n’est pas seulement un outil de conception, mais un outil de transmission et de pédagogie. Béatrice Gisclard valorise ainsi les dispositifs éducatifs intergénérationnels, que ce soit sur le terrain ou dans ses activités d’enseignante. Dans sa pratique de design social, elle propose une conception éducative, ancrée, située, et vivante, où les habitant·es ont tout autant leur place que les expert·es, et deviennent ainsi eux-mêmes concepteurs et conceptrices. Faire de la co-conception, c’est aussi se forger de nouvelles connaissances à travers les habitant·es – acteur·rices de projets, et leur transmettre des savoirs en échange. Les participant·es au processus ne sont pas les seuls touchés : les enfants par exemple vont pouvoir transmettre leur savoir aux membres de leur famille et à leurs proches. Dans ces échanges se construisent une mémoire collective et des stratégies locales, capables de lutter contre les fausses informations et la sur-information véhiculée par les réseaux sociaux, qui permettent rarement d’avoir une transmission des informations importantes sur la manière d’agir face à une situation d’urgence.
Au travers ses cours, Béatrice Gisclard met l’accent sur l’importance de la co-conception, et forme ses étudiant·es à l’élaboration de propositions de projet face aux risques actuels. Elle ne se place pas comme enseignante qui transmet simplement son savoir : elle préfère apprendre avec ses étudiant·es, et construire de nouvelles connaissances en collaboration avec eux. Cette approche pédagogique rompt avec l’idée d’une transmission verticale standard. Dans son enseignement, elle valorise également l’utilisation de méthodologies traditionnelles, l’éducation aux risques, l’importance de penser un projet en co-conception avec son processus de réflexion, la capacité à garder une adaptabilité à l’environnement et aux contextes du site de projet. Elle met également l’accent sur l’importance d’une transmission et d’une pédagogie interdisciplinaire, mobilisant d’autres disciplines comme l’anthropologie, la sociologie ou encore la psychologie.
Pour conclure, Béatrice Gisclard explique qu’il y a un décalage entre la volonté d’agir des concepteurs et conceptrices, et la réalité du cadre institutionnel, politique et économique. En effet, pour les institutions, il est important de rendre les habitant·es acteur·ices, mais elles ne leur dédient souvent qu’une petite part de la réflexion. De ce fait, les concepteur·rices doivent jouer un rôle de médiateur entre les attentes des institutions, celles des habitant·es et les limites techniques du projet. Cette position peut entraîner un sentiment de frustration, de « désillusion lucide » comme la nomme la designeuse : le concepteur ou la conceptrice sont alors tiraillés entre leur volonté transformatrice et leur marge d’action. Porteurs d’une parole critique, avec la volonté de défendre des valeurs, ils et elles sont souvent bridés par les conditions de mise en œuvre des projets. Béatrice Gisclard explique que ce phénomène n’est pas subjectif, et qu’il dépend d’un effet systémique qui découle du processus du projet. Elle nous pousse donc à ne pas se résigner, et à développer une méthodologie permettant de contourner, de négocier ou de requestionner ces difficultés. Elle préconise pour cela de reconnaître ses limites, de ne pas faire de promesses que l’on ne pourrait pas tenir et de travailler en co-conception avec des acteur·rices s de tous horizons : des juristes, des politicien·nes, des associations… dans le but de créer une pensée collective.
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[1] « Notre avenir à tous (rapport Brundtland), Our Common Future ». Commission des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement, 1987.
[2] SALAMANCA GONZALEZ, Maria Grace. Esthetiques du care pour l’anthropocène., op.cit., p.86.