{"id":68,"date":"2022-08-22T12:53:00","date_gmt":"2022-08-22T10:53:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/?page_id=68"},"modified":"2022-08-23T15:35:37","modified_gmt":"2022-08-23T13:35:37","slug":"des-villes-sous-haute-tension-jean-marc-stebe","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/rencontres-interdisciplinaires\/rim-1-un-etat-des-lieux-pour-agir\/des-villes-sous-haute-tension-jean-marc-stebe\/","title":{"rendered":"Des villes sous haute tension \/\/ Jean-Marc St\u00e9b\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Article de Jean-Marc St\u00e9b\u00e9 reprenant le contenu de son introduction \u00e0 la table ronde des RIM 1, d\u00e9cembre 2017<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis plus de cinquante ans maintenant, les initiatives se multiplient au niveau mondial pour d\u00e9noncer les limites du \u00ab&nbsp;r\u00e9gime d\u2019accumulation existant&nbsp;\u00bb<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Plus de quarante apr\u00e8s la Conf\u00e9rence des Nations unies \u00e0 Stockholm<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><a href=\"#_ftn1\"> <\/a>et le Rapport Meadows<a href=\"#_ftn2\">[3]<\/a>, les m\u00eames questions se posent aujourd\u2019hui mais cette fois dans un contexte international totalement diff\u00e9rent. Tout d\u2019abord, la plan\u00e8te conna\u00eet une urbanisation sans pr\u00e9c\u00e9dent&nbsp;: plus de la moiti\u00e9 de la population mondiale vit dans un territoire urbain, et les pr\u00e9visions \u00e0 la hausse sont confirm\u00e9es par certaines ONG et par l\u2019ONU<a href=\"#_ftn3\">[4]<\/a> pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir. Par ailleurs, le rythme et l\u2019intensit\u00e9 du pr\u00e9l\u00e8vement de ressources se sont accrus&nbsp;: le nombre de pays consommant les ressources a consid\u00e9rablement augment\u00e9. Enfin, l\u2019empreinte \u00e9cologique de l\u2019homme s\u2019accro\u00eet, tandis que la biocapacit\u00e9 de la plan\u00e8te baisse<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a><a href=\"#_ftn4\"> <\/a>et le niveau de connaissance du ph\u00e9nom\u00e8ne se pr\u00e9cise&nbsp;: les analyses reposent d\u00e9sormais sur des projections r\u00e9sultant d\u2019un travail collectif de haut niveau scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et non sur des hypoth\u00e8ses et des pr\u00e9dictions<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. Ainsi, tous s\u2019accordent sur un point&nbsp;: \u00ab&nbsp;le prolongement des tendances actuelles [\u2026] conduit \u00e0 une impasse avec une hausse des temp\u00e9ratures et des \u00e9v\u00e8nements climatiques extr\u00eames, une rar\u00e9faction des ressources.&nbsp;\u00bb (Lorrain et al., 2018)<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne urbain est rest\u00e9 pendant longtemps au niveau plan\u00e9taire un \u00e9v\u00e8nement relativement confidentiel, m\u00eame si les villes ont toujours \u00e9t\u00e9 des centres de pouvoir. Jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe&nbsp;si\u00e8cle, on ne comptabilisait qu\u2019une seule agglom\u00e9ration (Londres) de plus d\u2019un&nbsp;million d\u2019habitants, m\u00eame s\u2019il ne faut pas oublier que Rome comptait plus d\u2019un million d\u2019habitants \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de l\u2019empire romain au IIe&nbsp;si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.<a href=\"#_ftn5\">[8]<\/a>. Les agglom\u00e9rations urbaines ne sont que 11 en 1900 \u00e0 d\u00e9passer le million d\u2019habitants (New York, Berlin, Chicago, Paris, Vienne, Tokyo, Saint-P\u00e9tersbourg, Philadelphie, Moscou, P\u00e9kin, Calcutta et Londres bien s\u00fbr)<a href=\"#_ftn6\">.<\/a><a href=\"#_ftn6\">[9]<\/a> Soixante ans plus tard, on comptabilise plus de 166 villes de plus d\u2019un million d\u2019habitants, dont 19 exc\u00e9dant les 5 millions&nbsp;; et aujourd\u2019hui, elles sont 545 \u00e0 d\u00e9passer le million, qui se trouvent, pour bon nombre d\u2019entre elles, dans les territoires du Sud de la plan\u00e8te. 31 d\u2019entre elles comptent actuellement plus de 10 millions d\u2019habitants, accueillant au total plus de 500&nbsp;millions de citadins, alors qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient que 3 \u00e0 atteindre ce chiffre en 1975. Le nombre de m\u00e9galopoles de plus de 20 millions d\u2019habitants est \u00e9galement spectaculaire&nbsp;: en 2015, on en d\u00e9nombre 14 \u00e0 travers le monde<a href=\"#_ftn7\">[10]<\/a>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re ces quelques chiffres se trouvent trois tendances de fond qui redessinent la ville, pas forc\u00e9ment en mode sobre et inclusif, mais plut\u00f4t en mode surcharg\u00e9 d\u2019artefacts et envahi de s\u00e9gr\u00e9gations, et dont nous ne mesurons pas toutes les cons\u00e9quences sociales, g\u00e9opolitiques, anthropologiques et environnementales. La premi\u00e8re de ces tendances consiste \u00e0 voir une progression sans pr\u00e9c\u00e9dent des bidonvilles au sein des agglom\u00e9rations urbaines dans la partie Sud de la plan\u00e8te. La seconde r\u00e9side dans l\u2019int\u00e9gration des villes au sein d\u2019un r\u00e9seau urbain mondial, r\u00e9seau au sein duquel s\u2019imposent les villes globales les plus puissantes situ\u00e9es dans la partie Nord de la plan\u00e8te. La troisi\u00e8me de ces tendances consiste en un \u00e9talement urbain indissociable de la formation d\u2019espaces p\u00e9riph\u00e9riques domin\u00e9s par la maison individuelle et l\u2019habitat pr\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet article, nous voyagerons sur tous les continents, mais nous nous arr\u00eaterons souvent en France, notamment pour examiner la question du mitage urbain et celle de la place qu\u2019occupe l\u2019automobile dans la vie des m\u00e9nages.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>I. En route vers l\u2019urbanisation de la plan\u00e8te<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>De la soci\u00e9t\u00e9 rurale \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 urbaine<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, en 2008, la part de la population mondiale demeurant dans des agglom\u00e9rations urbaines a d\u00e9pass\u00e9 celle de la population r\u00e9sidant dans les zones rurales. D\u00e9sormais, plus de 3,8&nbsp;milliards d\u2019\u00eatres humains (soit 51&nbsp;% de la population mondiale) habitent un espace urbain. Ceci \u00e9tant dit, tous les pays ne suivent pas le m\u00eame rythme de progression et certains n\u2019ont pas encore atteint les 50&nbsp;%&nbsp;de population urbaine&nbsp;: en 2016, l\u2019Inde ne d\u00e9nombre que 33&nbsp;% de citadins, le Viet Nam, 34&nbsp;%, le Pakistan, 39&nbsp;%, l\u2019\u00c9gypte, 43&nbsp;%, et la Slov\u00e9nie, 49&nbsp;%. Pour certains autres pays, le franchissement de la barre des 50&nbsp;% de population urbaine est tr\u00e8s r\u00e9cent&nbsp;: la Chine n\u2019a franchi la barre des 50&nbsp;% de population urbaine qu\u2019en 2011, la Tha\u00eflande en 2015, le Guatemala en 2012, et la C\u00f4te d\u2019Ivoire ne l\u2019a d\u00e9pass\u00e9 qu\u2019en 2010<a href=\"#_ftn8\">[11]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La progression de la population urbaine de la plan\u00e8te va se poursuivre pour atteindre en 2030, selon les projections de l\u2019Organisation des Nations unies<a href=\"#_ftn9\">[12]<\/a>, un taux d\u2019urbanisation de 60&nbsp;% et certainement de 70&nbsp;% en 2050&nbsp;; ce qui repr\u00e9sente environ 5 milliards d\u2019urbains en 2030 et un peu plus de 6 en 2050. Chaque jour d\u2019ici 2050, la population urbaine cro\u00eet, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire, d\u2019environ 200&nbsp;000 habitants. Ces transformations \u00e0 grande \u00e9chelle affectent en premier lieu les populations des pays pauvres et des pays \u00e9mergents. Les nations les plus d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 l\u2019heure actuelle connaissent, en revanche, une croissance relativement faible de leur population urbaine parce que d\u00e9j\u00e0 fortement urbanis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les cartes urbaines rebattues<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De fa\u00e7on plus pr\u00e9cise, si la Chine avec ses presque 1,4 milliard d\u2019habitants en 2018 a connu depuis les ann\u00e9es 1990 une croissance urbaine soutenue, elle devrait n\u00e9anmoins conna\u00eetre, selon l\u2019ONU, un ralentissement de la progression de sa population urbaine au cours des deux prochaines d\u00e9cennies, m\u00eame si l\u2019empire du Milieu verra son taux d\u2019urbanisation atteindre 70 % en 2030. L\u2019Inde de son c\u00f4t\u00e9, avec son r\u00e9servoir de population rurale de plus de 800&nbsp;millions de personnes, devrait quant \u00e0 elle continuer \u00e0 voir le nombre de ses citadins augmenter consid\u00e9rablement, au moins jusqu\u2019en 2060<a href=\"#_ftn10\">[13]<\/a>. Selon les projections r\u00e9alis\u00e9es par le Global Cities Institute<a href=\"#_ftn11\"><em><strong>[14]<\/strong><\/em><\/a>, l\u2019Inde, qui sera tr\u00e8s prochainement le pays le plus peupl\u00e9 au monde, largement devant la Chine, comptera trois villes en 2050 de plus de 30 millions d\u2019habitants&nbsp;: 42 millions \u00e0 Mumbai, 36 millions \u00e0 Delhi et 33 millions \u00e0 Calcutta. Ces trois villes seront parmi les 5 plus importantes villes de la plan\u00e8te, et Mumbai deviendra tr\u00e8s certainement, \u00e0 ce moment-l\u00e0, la plus grande m\u00e9galopole du monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant ce temps, de nombreux pays d\u2019Afrique sub-saharienne continueront inexorablement leur expansion urbaine : Lagos devrait gagner 11 millions d\u2019habitants entre 2015 et 2030, Kinshasa 8 millions<a href=\"#_ftn12\">[15]<\/a>, Dar es Salaam 5,6 millions et Luanda 4,9 millions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce qui concerne la France, le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019urbanisation, qui trouve ses origines au XIXe&nbsp;si\u00e8cle, s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s le Second conflit mondial, si bien que les urbains repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui 79&nbsp;% de la population totale, soit pr\u00e8s de 51 millions de personnes<a href=\"#_ftn13\">[16]<\/a>. Celles-ci se r\u00e9partissent dans 51 aires urbaines de plus de 150&nbsp;000 habitants&nbsp;; 4 d\u2019entre elles d\u00e9passent le million d\u2019habitants&nbsp;: Paris (11,2&nbsp;millions), Lyon (1,6&nbsp;million), Marseille (1,5&nbsp;million) et Lille (1,1&nbsp;million). En 2050, la France comptera, selon les pr\u00e9visions de l\u2019INSEE, 74&nbsp;millions d\u2019habitants dont 58 millions r\u00e9sideront en ville.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">In fine, au cours des trente prochaines ann\u00e9es, les villes asiatiques et africaines conna\u00eetront une croissance consid\u00e9rable de leur population&nbsp;: la population urbaine asiatique devrait pratiquement doubler, progressant de 1,8 milliard \u00e0 3,4 milliards, parall\u00e8lement, la population urbaine africaine aura certainement tripl\u00e9 passant de 400 millions \u00e0 1,2 milliard. En revanche, les villes du Nord de la plan\u00e8te, selon les projections du Global Cities Institute, se replieront d\u00e9mographiquement. Ainsi Tokyo chutera \u00e0 la 7e&nbsp;place, tout simplement parce que le Japon affiche depuis 2005 un d\u00e9clin d\u00e9mographique&nbsp;: la projection moyenne envisage un Japon comptant environ 100 millions d\u2019habitants \u00e0 l\u2019horizon 2050<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>, contre 128 millions \u00e0 son maximum en 2004. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, New York r\u00e9trogradera \u00e0 la 9e&nbsp;place et Mexico \u00e0 la 10e&nbsp;place. Pr\u00e9cisons, qu\u2019\u00e0 l\u2019heure actuelle, Tokyo avec ses 37,7 millions d\u2019habitants est la plus grande m\u00e9galopole du monde, Mexico se situe en 2e&nbsp;position (23,6 millions) et New York en 3e&nbsp;(23,3 millions).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>II. La bidonvillisation du monde a d\u00e9marr\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019urbanisation plan\u00e9taire est sans aucun doute in\u00e9dit dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, il ne doit pas nous faire oublier que ce ph\u00e9nom\u00e8ne recouvre \u00e0 la fois un processus de m\u00e9tropolisation, par concentration des richesses, des pouvoirs et des connaissances dans les grandes agglom\u00e9rations du Nord de la plan\u00e8te, mais \u00e9galement de bidonvillisation, par regroupement des populations pauvres \u2013 fuyant les campagnes, les guerres et les perturbations climatiques \u2013 aux marges des villes du Sud. C\u2019est ainsi que beaucoup des nouveaux citadins sont des pauvres&nbsp;: en 2014, un peu plus d\u2019un quart de la population urbaine mondiale vivait dans un bidonville, et \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie 2020, ils seront un sur six \u00e0 vivre dans un bidonville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les bidonvilles s\u2019accrochent aux villes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce d\u00e9but de XXIe&nbsp;si\u00e8cle, la question de l\u2019accroissement des bidonvilles se pose de mani\u00e8re manifeste au moment o\u00f9 la plan\u00e8te bascule dans le \u00ab&nbsp;r\u00e9gime de l\u2019urbain mondialis\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Il est aujourd&#8217;hui admis que l\u2019un des d\u00e9fis majeurs de notre \u00e9poque est de faire face \u00e0 ce risque de \u00ab&nbsp;bidonvillisation du monde urbain&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. M\u00eame si le processus de bidonvillisation a marqu\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re pause entre 1990 et 2005, il appara\u00eet de plus en plus probable, selon les derni\u00e8res observations de l\u2019ONU, que la plan\u00e8te est train de se \u00ab&nbsp;bidonvilliser&nbsp;\u00bb durablement dans le temps et l\u2019espace. Dans ce sens, D. Bernaolo-Regout et P. Godard parlent de \u00ab&nbsp;bidonplan\u00e8te&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a> afin d\u2019attirer l&#8217;attention sur un ph\u00e9nom\u00e8ne majeur de notre temps. Pour Julien Damon<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>, pourtant peu enclin au catastrophisme rep\u00e9rable chez certains auteurs, il est \u00e9vident que la question des bidonvilles n&#8217;est pas en marge de la probl\u00e9matique urbaine. \u00ab&nbsp;Elle est centrale, de par son intensit\u00e9 et sa diversit\u00e9, mais aussi de par les nouvelles formes d&#8217;organisation qui s&#8217;y d\u00e9ploient [&#8230;]. Fonctionnellement, le bidonville a un r\u00f4le de premier accueil pour l&#8217;exode rural. C&#8217;est un sas pour la ville, m\u00eame s&#8217;il n&#8217;est souvent que nasse pour les populations de r\u00e9fugi\u00e9s.&nbsp;\u00bb Ces constats \u00e9tablis juste avant la crise \u00e9conomique de la fin de l&#8217;ann\u00e9e 2008 sont plus que jamais d&#8217;actualit\u00e9. En effet, on sait d\u00e9sormais que la crise financi\u00e8re de 2008-2009 \u2013 et qui se prolonge encore aujourd\u2019hui \u2013 touche les pays les plus pauvres et que les \u00eatres humains qui sont parvenus \u00e0 sortir de la pauvret\u00e9 y sont retomb\u00e9s pour les deux tiers d&#8217;entre eux<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Des chiffres saisissants<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">200&nbsp;000 bidonvilles existent actuellement \u00e0 travers le monde o\u00f9 s\u2019entasseraient, selon l\u2019ONU, un peu plus de 12&nbsp;% de la population mondiale, soit plus de 950 millions d\u2019individus. Pour le sociologue am\u00e9ricain M. Davis<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, il faut entendre aujourd\u2019hui par bidonville un lieu d\u2019habitat humain qui se caract\u00e9rise par un surpeuplement, des logements informels ou de pi\u00e8tre qualit\u00e9, un acc\u00e8s insuffisant ou inexistant \u00e0 l\u2019eau potable, un manque d\u2019hygi\u00e8ne et une ins\u00e9curit\u00e9 quant \u00e0 la conservation de la jouissance de son domicile. Partant de cette d\u00e9finition, qui certes tend \u00e0 gommer la diversit\u00e9 des situations r\u00e9elles<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, on observe que dans des pays comme la R\u00e9publique centrafricaine ou le Soudan, 92 %&nbsp;de la population urbaine vit dans un bidonville, au Tchad, 88&nbsp;%, au Mozambique, 80&nbsp;% et \u00e0 Madagascar, 77&nbsp;%.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Globalement, les statistiques de l\u2019ONU montrent combien l&#8217;Asie \u2013&nbsp;plus particuli\u00e8rement l&#8217;Inde et la Chine&nbsp;\u2013 est de loin le continent le plus touch\u00e9 par la bidonvillisation \u00e9tant donn\u00e9 que les habitants des bidonvilles y repr\u00e9sentent la moiti\u00e9 de la population urbaine. Mais il ne faut pas oublier ici l\u2019Afrique subsaharienne qui conna\u00eet un processus d&#8217;urbanisation exponentiel et qui voit les trois-quarts de ses citadins \u00e9voluer au quotidien au sein de bidonvilles. Alors que l\u2019Europe de l&#8217;Ouest est parvenue \u00e0 \u00e9radiquer dans une large mesure les bidonvilles et l\u2019habitat insalubre<a href=\"#_ftn14\">[25]<\/a>, et que l\u2019Europe de l\u2019Est r\u00e9ussit progressivement \u00e0 faire baisser sa part relative de pauvres vivant en milieu urbain, l&#8217;Am\u00e9rique latine, quant \u00e0 elle, est engag\u00e9e dans une logique inverse puisque la majorit\u00e9 des pauvres vit d\u00e9sormais en zones urbaines pr\u00e9caris\u00e9es dans des bidonvilles. C&#8217;est dire si la mondialisation \u00e9conomique ne concerne donc pas tous les citadins de la plan\u00e8te, loin s\u2019en faut. Seuls les plus ais\u00e9s sont concern\u00e9s par la cyber-\u00e9conomie mondiale<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>II. La globalisation de l\u2019\u00e9conomie acc\u00e9l\u00e8re la formation des bidonvilles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, la mondialisation \u00e9conomique favorise plus que jamais les effets de centralit\u00e9. Cela signifie que des espaces urbanis\u00e9s s\u2019enrichissent rapidement et consid\u00e9rablement au d\u00e9triment de territoires ou de populations \u00e9galement urbanis\u00e9s mais d\u00e9pourvus d\u2019\u00ab&nbsp;avantage comparatif&nbsp;\u00bb dans le grand march\u00e9 mondial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques villes dirigent le monde<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les plus grandes villes de la plan\u00e8te, les \u00ab&nbsp;m\u00e9galopoles&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn15\">[27]<\/a>, forment d\u00e9sormais un \u00ab&nbsp;archipel m\u00e9galopolitain mondial&nbsp;\u00bb (AMM). Celui-ci est form\u00e9 par l\u2019ensemble des villes qui contribuent \u00e0 la direction du monde<a href=\"#_ftn16\">[28]<\/a>. \u00ab&nbsp;S\u2019y exerce la synergie entre les diverses formes du tertiaire sup\u00e9rieur et du &#8220;quaternaire&#8221; (recherches, innovations, activit\u00e9s de direction). L\u2019AMM marque conjointement l&#8217;articulation entre villes appartenant \u00e0 une m\u00eame r\u00e9gion et entre grands p\u00f4les mondiaux. D\u2019o\u00f9 cette \u00e9mergence de grappes de villes mondiales [&#8230;]. Les m\u00e9galopoles ont d\u2019excellentes liaisons avec les autres &#8220;\u00eeles&#8221; de l\u2019archipel m\u00e9galopolitain mondial et concentrent entre elles l\u2019essentiel du trafic a\u00e9rien et des flux de communication.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a> L\u2019existence de l\u2019AMM r\u00e9v\u00e8le \u00e0 quel point les grandes villes actuelles repr\u00e9sentent une sc\u00e8ne internationale sur laquelle se produit l\u2019essentiel de la richesse mondiale<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. Entre ces grands p\u00f4les urbains dynamiques et producteurs de richesse, les espaces les plus pauvres semblent dispara\u00eetre dans des \u00ab&nbsp;trous noirs&nbsp;\u00bb, autrement dit jouent ici des \u00ab&nbsp;effets de tunnel&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a>&nbsp;: Tokyo, New York, Londres, Singapour ou encore Shanghai sont d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9s dans un r\u00e9seau mondial qui tend \u00e0 ignorer les interstices. Mais plus encore, au sein m\u00eame de ces nodosit\u00e9s urbaines productrices de richesse, des territoires plus ou moins d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s survivent \u00e0 la marge des flux \u00e9conomiques internationaux et n\u2019en re\u00e7oivent bien souvent que les miettes. Les chiffres sont \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9loquents&nbsp;: la moiti\u00e9 de la richesse mondiale est produite sur 1&nbsp;% des terres<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>; en 2016, 82&nbsp;% de la richesse cr\u00e9\u00e9e dans le monde a termin\u00e9 entre les mains du 1&nbsp;% le plus riche de la population de la plan\u00e8te<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> ; depuis 2010, la richesse de cette \u00ab&nbsp;\u00e9lite \u00e9conomique&nbsp;\u00bb a augment\u00e9 en moyenne de 13&nbsp;% par ann\u00e9e<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>&nbsp;; en 2018, le monde compte d\u2019un c\u00f4t\u00e9 plus de 2&nbsp;000 milliardaires (avec comme monnaie de r\u00e9f\u00e9rence le dollar) \u2013 ils \u00e9taient 1&nbsp;500 quatre ans auparavant \u2013 et de l\u2019autre pr\u00e8s de trois milliards de personnes qui vivent sous le seuil de pauvret\u00e9 \u2013&nbsp;moins de deux dollars par jour pour une famille&nbsp;\u2013, bien qu&#8217;ayant un travail. En outre, \u00ab&nbsp;plus encore qu&#8217;au XIXe&nbsp;si\u00e8cle, insiste P. Veltz<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>, le commerce mondial actuel se passe aujourd&#8217;hui entre les pays riches.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Une r\u00e9partition in\u00e9galitaire des biens<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ces conditions, comment ne pas insister sur le fait que le terme de mondialisation est impropre si l\u2019on entend par ce vocable une r\u00e9partition des biens culturels industrialis\u00e9s et marchandis\u00e9s sur l\u2019ensemble de la plan\u00e8te. Dans ce sens, il faut \u00eatre prudent car la mondialisation des flux culturels n\u2019en est pas une au sens strict. Elle ne concerne qu\u2019environ 10 \u00e0 15 % de la population mondiale. C\u2019est pourquoi ceux qui voient dans la mondialisation, \u00e0 la suite des travaux du sociologue am\u00e9ricain Marshall McLuhan datant des ann\u00e9es 1960, l\u2019\u00e9mergence d\u2019un village global mondial, tendent \u00e0 exag\u00e9rer l\u2019impact culturel de nouveaux moyens de communication comme Internet dont l\u2019acc\u00e8s reste tr\u00e8s in\u00e9gal de par le monde&nbsp;: en 2016, l\u2019ensemble des connexions au Web sur l\u2019ensemble du continent africain est de 280&nbsp;millions, soit un taux d\u2019acc\u00e8s moyen de moins de 23&nbsp;%<a href=\"#_ftn17\">[36]<\/a>, alors qu\u2019il s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 85&nbsp;% aux \u00c9tats-Unis<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>III. L\u2019\u00e9talement de la ville et la densification urbaine contribuent au r\u00e9chauffement climatique&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019augmentation de la population au sein des villes et la prolif\u00e9ration des bidonvilles ne sont pas les seuls probl\u00e8mes qui se posent aujourd\u2019hui aux op\u00e9rateurs et d\u00e9cideurs de la ville. La densit\u00e9 urbaine par exemple est un autre facteur de pr\u00e9occupation&nbsp;: elle est source de chaleur. Il existe en effet une rugosit\u00e9 de la ville qui freine le vent et pi\u00e8ge les rayons du soleil. L\u2019imperm\u00e9abilisation des sols perturbe par ailleurs l\u2019\u00e9coulement des eaux. En outre, les mat\u00e9riaux du b\u00e2ti et l\u2019asphalte des routes stockent et r\u00e9fl\u00e9chissent la chaleur. La densification urbaine entra\u00eene bien des probl\u00e8mes de pollution et contribue au r\u00e9chauffement climatique de la plan\u00e8te. Alors que les villes repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui 2% de la surface de la plan\u00e8te, elles consomment 75 % de l\u2019\u00e9nergie produite par les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La ville sort de ses limites et s\u2019\u00e9tale<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant tr\u00e8s longtemps, la ville est rest\u00e9e enferm\u00e9e dans ses fronti\u00e8res administratives, dans des limites g\u00e9ographiques mat\u00e9rialis\u00e9es par des remparts, des fortifications\u2026 Il faudra attendre la fin du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res pour voir les limites de la ville remises en cause, m\u00eame si au cours de l\u2019histoire urbaine le d\u00e9veloppement des faubourgs redessinait d\u00e9j\u00e0 les contours historiques des cit\u00e9s. Le d\u00e9veloppement de l\u2019automobile, durant l\u2019Entre-deux-guerres, acc\u00e9l\u00e9rera le mouvement d\u2019extension de la ville au-del\u00e0 de ses limites repoussant toujours plus loin l\u2019avanc\u00e9e du front urbain. Ce processus d\u2019\u00e9talement urbain, que le philosophe Henri Lefebvre<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a> avait clairement identifi\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, s\u2019est r\u00e9alis\u00e9. Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab&nbsp;d\u2019implosion-explosion&nbsp;\u00bb des ville dont parle Lefebvre s\u2019est en effet g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour produire in fine un \u00e9norme \u00e9clatement des limites de la ville traditionnelle se traduisant par l\u2019\u00e9mergence de fragments urbains multiples et disjoints&nbsp;: banlieues industrielles, lotissements pavillonnaires, grands ensembles d\u2019habitat social, villes nouvelles, zones commerciales et de loisirs. Le philosophe montre ainsi, presqu\u2019au m\u00eame moment que Melvin Webber<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>, que la ville historique a laiss\u00e9 place \u00e0 une ville diffuse, informe et fragment\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville \u00e9tal\u00e9e correspond aujourd\u2019hui aux quatre coins de la plan\u00e8te \u00e0 l&#8217;extension des agglom\u00e9rations sur des espaces auparavant identifi\u00e9s au rural ; ce sont des champs ou des for\u00eats qui se trouvent encercl\u00e9s par des centres commerciaux, des entrep\u00f4ts et des plateformes logistiques ou des nappes pavillonnaires. La ville \u00e9tal\u00e9e, c&#8217;est \u00e9galement l&#8217;implantation r\u00e9currente et uniforme de cha\u00eenes d&#8217;h\u00f4tels, de jardineries, de magasins de bricolages et de sports. Elle enveloppe et int\u00e8gre ce qui lui \u00e9tait jusqu\u2019alors \u00e9tranger comme les villages, les champs, les for\u00eats, ou encore les rivi\u00e8res en assurant la jonction entre ces espaces autrefois clairement s\u00e9par\u00e9s<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les p\u00e9riph\u00e9ries des villes fran\u00e7aises se couvrent de pavillons<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France, dans le sillage d\u2019un XVIIIe&nbsp;si\u00e8cle qui vantait les bienfaits d\u2019\u00ab&nbsp;une mise au vert&nbsp;\u00bb, ici dans un ch\u00e2teau, l\u00e0 dans une gentilhommi\u00e8re, ailleurs dans une folie, l\u2019engouement pour la maison individuelle se confirme au cours de la seconde moiti\u00e9 du XIXe&nbsp;si\u00e8cle et entre les deux guerres mondiales<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. Mais, surtout \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1960, l\u2019habitat pavillonnaire se d\u00e9veloppe dans l\u2019Hexagone avec comme r\u00e9f\u00e9rence le mod\u00e8le de vie am\u00e9ricain<a href=\"#_ftn18\">[42]<\/a>. En effet, l\u2019\u00c9tat, qui souhaite alors se d\u00e9sengager du financement du logement en soutenant une politique d\u2019aide \u00e0 l\u2019accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, lance un vaste programme de construction de maisons individuelles sous couvert de mieux r\u00e9pondre aux aspirations des familles fran\u00e7aises qui, selon les sondages, sont une tr\u00e8s large majorit\u00e9 (plus de 80&nbsp;%) \u00e0 pl\u00e9bisciter le pavillon individuel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame si les premi\u00e8res constructions de pavillons, que l\u2019on appellera bien souvent \u00ab&nbsp;chalandonnettes&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn19\">[43]<\/a>, ne donnent pas enti\u00e8re satisfaction aux propri\u00e9taires (d\u00e9passement des co\u00fbts pr\u00e9visionnels, malfa\u00e7ons, non-respect des d\u00e9lais), cette politique conna\u00eet un succ\u00e8s croissant : 39 % des logements \u00e9difi\u00e9s en&nbsp;1968 sont des maisons individuelles ; dix&nbsp;ans apr\u00e8s, elles repr\u00e9sentent 63&nbsp;%, pour atteindre 68 % en&nbsp;1984. \u00c0 cette date leur poids commence \u00e0 baisser tendanciellement&nbsp;: alors qu\u2019en 2006, elles repr\u00e9sentaient encore presque 50&nbsp;% des logements construits, en 2016 la part des logements individuels ne recouvre plus que 41&nbsp;% des nouvelles constructions. C\u2019est ainsi qu\u2019on comptabilise \u00e0 l\u2019heure actuelle 19,3 millions de maisons individuelles dans notre pays sur un total de 34,5 millions de logements<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce d\u00e9but de XXIe&nbsp;si\u00e8cle, les Fran\u00e7ais sont toujours d\u00e9sireux d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, et de pr\u00e9f\u00e9rence d\u2019un pavillon. Rappelons ici que 59&nbsp;% des m\u00e9nages sont en 2016 propri\u00e9taires de leur logement, alors qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient que 35 % en&nbsp;1954 et 50 % au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1980. Force est de constater qu\u2019au cours des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es de nombreuses familles fran\u00e7aises acc\u00e9deront \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un pavillon individuel avec jardin. Construits toujours plus loin des villes, les pavillons gagneront des zones rurales \u00e9pargn\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent par l\u2019urbanisation pour les transformer profond\u00e9ment. Ainsi, pendant cette p\u00e9riode, de nombreux lotissements se grefferont sur une multitude de communes rurales plus ou moins \u00e9loign\u00e9es des agglom\u00e9rations urbaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Des \u00c9tats-Unis \u00e0 la France&nbsp;: l\u2019automobile, un puissant moteur de l\u2019\u00e9talement urbain<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est vers les \u00c9tats-Unis qu\u2019il faut se tourner pour saisir toute l\u2019importance de l\u2019\u00e9talement des villes, dans la mesure o\u00f9 le pays est devenu la r\u00e9f\u00e9rence paradigmatique des extensions urbaines illimit\u00e9es. Il faut souligner, ici plus qu\u2019ailleurs, que le processus d\u2019\u00e9talement urbain, remontant au XIXe&nbsp;si\u00e8cle, s\u2019est consid\u00e9rablement accentu\u00e9 sous la pouss\u00e9e de l\u2019\u00e9l\u00e9vation g\u00e9n\u00e9rale du niveau de vie et de la diffusion massive de l\u2019automobile \u00e0 partir des ann\u00e9es 1920<a href=\"#_ftn20\">[45]<\/a>&nbsp;: de plus en plus de m\u00e9nages appartenant \u00e0 un large spectre de cat\u00e9gories sociales choisissent de r\u00e9sider dans le p\u00e9riurbain<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir du moment o\u00f9 l\u2019automobile est apparue et s\u2019est diffus\u00e9e au plus grand nombre, d\u2019abord aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es 1920-1930, puis en Europe de l\u2019Ouest \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950-1960, l\u2019\u00e9talement urbain est devenu plus que jamais pensable et possible, au point de se concr\u00e9tiser significativement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France comme ailleurs, l&#8217;automobile, en facilitant les d\u00e9placements quotidiens, a rendu possible l&#8217;extension, voire la d\u00e9composition des villes. Comme le souligne R\u00e9my Allain<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a>, \u00ab&nbsp;les espaces p\u00e9riurbains sont l\u2019une des cons\u00e9quences et l\u2019un des aspects de l\u2019explosion des mobilit\u00e9s individuelles. Les notions de distance, d\u2019espace de vie quotidienne, de centralit\u00e9 et tout simplement de ville ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es par les opportunit\u00e9s offertes par l\u2019automobile.&nbsp;\u00bb Partout en effet des polarit\u00e9s urbaines \u00e9mergent en p\u00e9riph\u00e9rie des grandes agglom\u00e9rations, polarit\u00e9s reli\u00e9es entre elles par des bandes de bitumes. Il s&#8217;agit de villes ou de villages dortoirs recouverts de lotissements de pavillonnaires, de centralit\u00e9s davantage dynamiques accueillant des zones ludo-commerciales, des p\u00e9pini\u00e8res d\u2019entreprises, des \u00e9quipements universitaires et des centres de recherche et d\u00e9veloppement. Tout cela n\u00e9cessite de multiplier les acc\u00e8s routiers et autoroutiers ainsi que les parkings, infrastructures qui augmentent l\u2019artificialisation des sols<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rappelons que cela fait maintenant presque cinquante ans que l\u2019automobile a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e par les pouvoirs publics fran\u00e7ais pour devenir le mode de transport dominant, m\u00eame s\u2019il est aujourd\u2019hui quelque peu contest\u00e9. Ainsi, le taux d&#8217;\u00e9quipement des m\u00e9nages en automobile passe de 50&nbsp;% en 1970 \u00e0 77&nbsp;% en 1990 pour atteindre plus de 83&nbsp;% en 2016<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. En outre, il est important de noter qu\u2019entre 1960 et 2005, les m\u00e9nages fran\u00e7ais ont accru leurs achats d&#8217;automobiles neuves de 4,8 % en moyenne par an, soit plus rapidement que le pouvoir d&#8217;achat de leur revenu disponible brut qui, lui, a augment\u00e9 de 3,1&nbsp;%<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Par exemple, observons que si seulement 60&nbsp;% des m\u00e9nages disposent en r\u00e9gion parisienne d\u2019au moins une voiture en 2016, le taux de motorisation est sup\u00e9rieur \u00e0 90&nbsp;% dans les zones rurales et p\u00e9riurbaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mode de vie des p\u00e9riurbains est indissociable d\u2019une mobilit\u00e9 journali\u00e8re qui repose dans une tr\u00e8s large majorit\u00e9 des cas sur l\u2019usage de l\u2019automobile. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, 80&nbsp;% des d\u00e9placements des habitants du p\u00e9riurbain se r\u00e9alisent en voiture. Logiquement, on observe qu\u2019un m\u00e9nage p\u00e9riurbain parcourt en moyenne 20&nbsp;000&nbsp;km par an en voiture contre 12&nbsp;000 pour un m\u00e9nage d\u2019un p\u00f4le urbain. Par ailleurs, les distances quotidiennes domicile-travail augmentent in\u00e9vitablement au fur et \u00e0 mesure de l\u2019\u00e9talement de la ville&nbsp;: elles sont pass\u00e9es en moyenne de 13&nbsp;km en 1982 \u00e0 pr\u00e8s de 20&nbsp;km aujourd\u2019hui<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\">[51]<\/a>. D\u2019une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, les d\u00e9placements se distribuent tous azimuts dans la mesure o\u00f9 ils s\u2019effectuent sur des territoires divers et vari\u00e9s&nbsp;: du p\u00e9riurbain \u00e0 la banlieue et vice-versa, du p\u00e9riurbain au centre-ville et r\u00e9ciproquement, du p\u00e9riurbain au rural\u2026 Par cons\u00e9quent, les p\u00e9riurbains sont des \u00ab&nbsp;navetteurs&nbsp;\u00bb dont l\u2019emploi du temps quotidien est rythm\u00e9 par de multiples allers-retours entre les lieux qu\u2019ils sont amen\u00e9s \u00e0 fr\u00e9quenter (\u00e9coles, cr\u00e8ches, entreprises, commerces, cin\u00e9mas\u2026). Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que des recherches r\u00e9centes aient montr\u00e9 que les m\u00e9nages r\u00e9sidant au sein du p\u00e9riurbain ne peuvent imaginer, dans un avenir proche, se passer d\u2019une automobile&nbsp;; ils sont m\u00eame pr\u00eats \u00e0 supporter en la mati\u00e8re des co\u00fbts importants pour conserver les avantages d\u2019un tel moyen de transport<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\">[52]<\/a>. R\u00e9cemment, d\u2019autres chercheurs ont mis en \u00e9vidence que les habitants du p\u00e9riurbain \u00ab&nbsp;ne souhaitent en aucun cas changer le niveau d\u2019individualisation des programmes de mobilit\u00e9 qu\u2019ils ont acquis gr\u00e2ce \u00e0 la voiture. La voiture permet aux [m\u00e9nages] de conserver une flexibilit\u00e9 dans l\u2019organisation de leur quotidien&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\">[53]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La ville \u00e9tal\u00e9e face aux injonctions du d\u00e9veloppement durable<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville \u00e9tal\u00e9e est immanquablement contest\u00e9e par les thurif\u00e9raires de la ville dense. Certains n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 attaquer violemment la ville \u00e9tal\u00e9e \u00e0 l\u2019instar d\u2019Augustin Berque pour qui l\u2019habitat diffus \u00ab&nbsp;dilapide le capital \u00e9cologique de l\u2019humanit\u00e9, ce qui, \u00e0 terme, est suicidaire.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn21\">[54]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est en effet ind\u00e9niable que la ville \u00e9tal\u00e9e affecte n\u00e9gativement l\u2019environnement, car elle utilise de plus en plus d\u2019espace, espace pris sur les terres arables et les for\u00eats&nbsp;: 60&nbsp;000 ha de terres agricoles disparaissent chaque ann\u00e9e en France&nbsp;; la moiti\u00e9 pour les logements individuels et l\u2019autre moiti\u00e9 pour les infrastructures qui les distribuent (routes, voies priv\u00e9es, ronds-points, centres commerciaux\u2026). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, sur les 491&nbsp;000&nbsp;ha de terres artificialis\u00e9es entre 2006 et 2014, 46&nbsp;% ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9s par des maisons individuelles \u00e9quip\u00e9es de jardin, soit 228 000&nbsp;ha. En ce qui concerne tout particuli\u00e8rement les r\u00e9seaux routiers, ils sont durant cette m\u00eame p\u00e9riode responsables \u00e0 hauteur de 16&nbsp;% de l\u2019artificialisation des sols, repr\u00e9sentant au total une surface de 79&nbsp;000&nbsp;ha.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">In fine, en 2014, les deux tiers des sols artificialis\u00e9s sont imperm\u00e9abilis\u00e9s, entendons bitum\u00e9s ou recouverts de b\u00e2timents le plus souvent. Ainsi les sols artificialis\u00e9s ont gagn\u00e9 dans notre pays 490&nbsp;000&nbsp;ha entre 2006 et 2014, si bien qu\u2019ils couvrent d\u00e9sormais plus de 5,1 millions d\u2019hectares, soit 9,5 % du territoire national. Pr\u00e9cisons encore que les 15,3 millions d\u2019habitants du p\u00e9riurbain se r\u00e9partissent sur un vaste espace recouvrant plus de 38&nbsp;% du territoire m\u00e9tropolitain pour 24,2&nbsp;% de la population, repr\u00e9sentant une tr\u00e8s faible densit\u00e9 moyenne (74&nbsp;habitants au km2)<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\">[55]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La densification&nbsp;: une construction socio-politique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La densit\u00e9 spatiale, souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme un r\u00e9f\u00e9rentiel pour la ville durable, est une construction socio-politique qu\u2019il convient de comprendre. Pendant tout le XIXe&nbsp;si\u00e8cle, la densit\u00e9 urbaine est per\u00e7ue comme un facteur de diss\u00e9mination des maladies, si bien que les pouvoirs publics et les hygi\u00e9nistes utiliseront cet argument pour mesurer et critiquer \u00ab&nbsp;l\u2019entassement&nbsp;\u00bb des populations dans des logements exigus. Ainsi, la notion de densit\u00e9 urbaine sera associ\u00e9e pendant longtemps aux id\u00e9es d\u2019insalubrit\u00e9, de promiscuit\u00e9 et de propagation des maladies<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\">[56]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir des ann\u00e9es 1950, la densit\u00e9 urbaine sera r\u00e9duite \u00e0 un instrument de mesure et d\u2019\u00e9valuation utilis\u00e9 dans le cadre des grandes op\u00e9rations d\u2019urbanisme allant de pair avec le d\u00e9coupage de l\u2019espace en diff\u00e9rentes zones fonctionnelles. Dans la r\u00e9alit\u00e9, le parti pris en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement, \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 le grand ensemble a le vent en poupe, est celui des fortes densit\u00e9s urbaines&nbsp;: \u00ab&nbsp;On rationalise l\u2019am\u00e9nagement, mod\u00e9lisations \u00e0 l\u2019appui, ces derni\u00e8res impliquant des calculs et des donn\u00e9es quantitatives telles que des taux, des flux et des densit\u00e9s.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\">[57]<\/a> Mais tr\u00e8s vite, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1960, les grands ensembles donneront naissance \u00e0 tout un imaginaire p\u00e9joratif \u00e0 propos de la densit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est ainsi qu\u2019au cours des ann\u00e9es 1970-1980 un autre id\u00e9al, promouvant le cadre de vie, le bien-\u00eatre, le retour \u00e0 la terre et la proximit\u00e9 avec la nature, se diffuse. La notion d\u2019environnement et de qualit\u00e9 de vie est alors mise \u00e0 l\u2019agenda politique et appara\u00eet incompatible avec l\u2019urbanisme moderne fond\u00e9 sur la densit\u00e9 urbaine. S\u2019amorce progressivement une \u00e8re de \u00ab&nbsp;d\u00e9densification&nbsp;\u00bb des centres-villes incarn\u00e9e par la multiplication, dans les p\u00e9riph\u00e9ries urbaines et jusque dans les zones rurales, des lotissements de pavillonnaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin du XXe si\u00e8cle, l\u2019appr\u00e9hension \u00e9cologique de la ville \u00e9volue pour remettre en cause le mitage urbain. La loi relative \u00e0 la Solidarit\u00e9 et au renouvellement urbains (SRU) de 2000 vise justement \u00e0 limiter l\u2019\u00e9talement urbain et l\u2019artificialisation des terres agricoles, notamment avec les outils d\u2019am\u00e9nagement du territoire que sont les Sch\u00e9mas de de coh\u00e9rence territoriale (SCOT) et les Plans locaux d\u2019urbanisme (PLU). Est mise progressivement en avant la revalorisation des centres-villes tout en d\u00e9non\u00e7ant l\u2019\u00e9talement urbain, si bien que la densit\u00e9 appara\u00eet comme un \u00ab antidote \u00e0 la crise environnementale et comme un id\u00e9al pour les villes \u00bb<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. Le ph\u00e9nom\u00e8ne BIMBY (Build In My BackYard)<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\">[59]<\/a> est exemplaire de cette volont\u00e9 de produire la ville en densifiant le cadre b\u00e2ti existant. L\u2019essence m\u00eame du mouvement BIMBY est de faire accepter aux propri\u00e9taires de maisons individuelles, de mani\u00e8re plus ou moins pr\u00e9venante, l\u2019\u00e9dification d\u2019un ou deux pavillons sur leur propre parcelle. Ce mode d\u2019urbanisation, qui n\u2019est pas nouveau, permet de densifier centres-villes, centres-bourgs et lotissements pavillonnaires, tout en respectant le d\u00e9sir partag\u00e9 par plus de 80 &nbsp;% des m\u00e9nages de r\u00e9sider dans un pavillon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais aussi s\u00e9duisante soit-elle, il n\u2019en reste pas moins que cette alternative urbanistique souffre de points aveugles. Comme le souligne Jean-Michel L\u00e9ger<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\">[60]<\/a>, la densification remet en cause la distance physique que chaque propri\u00e9taire tente d\u2019instaurer avec ses voisins pour acc\u00e9der \u00e0 une tranquillit\u00e9 recherch\u00e9e et, du m\u00eame coup, \u00e9tablir des relations pacifiques&nbsp;: trop de proximit\u00e9 spatiale peut compromettre les bonnes relations de voisinage. En outre, la densification contient le risque \u00e9vident d\u2019une baisse de la valeur du bien, baisse cons\u00e9cutive \u00e0 une diminution de la rente de situation&nbsp;: il suffit de penser \u00e0 la remise en cause de la vue paysag\u00e8re et du calme ch\u00e8rement acquis gr\u00e2ce \u00e0 un terrain d\u2019une surface suffisamment importante. La densification des lotissements, entre autres, rel\u00e8ve des m\u00eames probl\u00e9matiques de ma\u00eetrise de l\u2019espace et de voisinage que celles observ\u00e9es dans le ph\u00e9nom\u00e8ne NIMBY (Not In My BackYard)<a href=\"#_ftn23\">[61]<\/a>. Enfin, il faut compter avec les cadres juridiques existants, et notamment les r\u00e8gles de droit priv\u00e9, qui r\u00e9gissent l\u2019am\u00e9nagement et la vie des lotissements, autant d\u2019obstacles \u00e0 la densification du p\u00e9riurbain<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\">[62]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Confront\u00e9es depuis quelques d\u00e9cennies \u00e0 une s\u00e9rie de mutations externes d\u2019une part (ouverture des fronti\u00e8res, globalisation de l\u2019\u00e9conomie, d\u00e9veloppement des techniques de communication, amplification des in\u00e9galit\u00e9s sociales, citoyennet\u00e9 atone\u2026), et \u00e0 des aggiornamentos internes d\u2019autre part (processus d\u2019urbanisation sans pr\u00e9c\u00e9dent, artificialisation sans fin des sols, s\u00e9gr\u00e9gation spatiale de plus en plus prononc\u00e9e, accroissement important de l\u2019automobilit\u00e9\u2026), les villes se retrouvent devant de nombreux d\u00e9fis \u00e0 relever&nbsp;: s\u2019adapter aux mutations du syst\u00e8me productif, ma\u00eetriser l\u2019expansion urbaine, reconqu\u00e9rir l\u2019urbanit\u00e9, g\u00e9rer les mobilit\u00e9s, promouvoir la citoyennet\u00e9, accueillir les r\u00e9fugi\u00e9s, les migrants et les pauvres, favoriser la coh\u00e9sion sociale, d\u00e9velopper la mixit\u00e9 sociale, contr\u00f4ler la s\u00e9curit\u00e9, associer le global et le local, et accentuer les exigences \u00e9cologiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, les enjeux qui s\u2019attachent au devenir des villes et les d\u00e9fis devant lesquels elles sont plac\u00e9es imposent de s\u2019interroger sur le gouvernement des villes et la gouvernance urbaine. De nombreux \u00e9lus, d\u00e9cideurs publics, chercheurs et op\u00e9rateurs de la ville en appellent, depuis d\u00e9j\u00e0 quelques d\u00e9cennies, \u00e0 l\u2019urgence de mieux ma\u00eetriser le d\u00e9veloppement des villes, tant en termes d\u2019organisation territoriale qu\u2019en termes de gestion urbaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019avenir des villes d\u00e9pendra des orientations politico-\u00e9conomiques prises aujourd\u2019hui par les d\u00e9cideurs. De telles orientations engagent en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019avenir de la plan\u00e8te tout enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a>LORRAIN D., HALPERN C., CHEVAUCH\u00c9 C., Vers un r\u00e9gime \u00e9conomique de ville sobre, <em>in<\/em> LORRAIN D., HALPERN C., CHEVAUCH\u00c9 C. (dir.), <em>Villes sobres. Nouveaux mod\u00e8les de gestion de ressources<\/em>, Paris&nbsp;: Presses de Sciences Po, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a>La Conf\u00e9rence de Stockholm, qui s\u2019est r\u00e9unie sous l\u2019\u00e9gide des Nations unies en juin 1972, a plac\u00e9 les questions d\u2019environnement au rang des pr\u00e9occupations internationales.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a><em>Halte \u00e0 la croissance&nbsp;?&nbsp;: Rapport sur les limites de la croissance<\/em>, connu \u00e9galement sous le nom de <em>Rapport Meadows<\/em>. Ce rapport, demand\u00e9 par le Club de Rome en 1970, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en fran\u00e7ais en 1973.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a>ONG&nbsp;: Organisation non gouvernementale&nbsp;; ONU&nbsp;: Organisation des Nations unies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a>La biocapacit\u00e9, c\u2019est la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les ressources et \u00e0 absorber les d\u00e9chets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a>DUNLAP R.E., BRULLE R.J. (\u00e9d.), <em>Climate Change and Society<\/em>, Oxford, Oxford University Press, 2015.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a>LORRAIN D. et <em>al<\/em>., Vers un r\u00e9gime \u00e9conomique de ville sobre, <em>Op. Cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a>Les historiens de la Rome antique \u00e9valuent \u00e0 cette p\u00e9riode la population de la ville de Rome entre 600&nbsp;000 et 1,2 million. Cette estimation est fix\u00e9e en fonction du nombre et de la dimension des aqueducs ainsi que de l\u2019importance du port de Rome (Ostie). DUIKER W. J., <em>World History<\/em>, Stamford, Thomson \/ Wadsworth, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a>Elles seront 27 en 1927, dont 10 en Europe, 8 en Asie, 5 en Am\u00e9rique du Nord&nbsp;; les 5 autres villes de plus d\u2019un million se trouvent en Afrique, en Australie et en Am\u00e9rique latine. DEMANGEON A., Les villes de plus d\u20191 million d\u2019habitants, <em>Annales de g\u00e9ographie<\/em>, T. 41, n\u00b0&nbsp;229, p. 104-105, 1932.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a>Les chiffres retenus ici proviennent de : http:\/\/www.populationdata.net\/index2.php<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a>Ces chiffres sont extraits du site Internet&nbsp;: <a href=\"http:\/\/perspective.usherbrooke.ca\/\">http:\/\/perspective.usherbrooke.ca<\/a><a href=\"http:\/\/perspective.usherbrooke.ca\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a>ONU-Habitat&nbsp;: https:\/\/fr.unhabitat.org<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a>La population de l\u2019Inde est en 2016 de 1,324 milliard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a><a href=\"http:\/\/www.globalcitiesinstitute.org\/\">http:\/\/www.globalcitiesinstitute.org<\/a><a href=\"http:\/\/www.globalcitiesinstitute.org\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a>La population de Kinshasa s\u2019\u00e9l\u00e8vera ainsi en 2050 \u00e0 35 millions et Lagos \u00e0 32 millions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a>Pour la France, les donn\u00e9es proviennent de l\u2019INSEE (Recensements de la population).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a>SARDON J.-P., La population des continents et des \u00c9tats, <em>Population &amp; Avenir<\/em>, n\u00b0 730, p.&nbsp;18-23, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a>LUSSAULT M., Urbain mondialis\u00e9, <em>in<\/em> ST\u00c9B\u00c9 J.-M., MARCHAL H. (dir.), <em>Trait\u00e9 sur la ville<\/em>, Paris&nbsp;: PUF, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a>DAMON J., In\u00e9galit\u00e9s et pauvret\u00e9s urbaines. \u00c9volutions mondiales et perspective transnationale, <em>in<\/em> DAMON J. (dir.), <em>Vivre en ville<\/em>, Paris&nbsp;: PUF, 2008. DAMON J., <em>Un monde de bidonvilles<\/em>, Paris&nbsp;: Seuil, 2017. DAVIS M., <em>Plan\u00e8te bidonvilles<\/em>, Paris&nbsp;: \u00c9d. Ab irato, 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a>BERNAOLA-REGOUT D., GODARD P., <em>Bidonplan\u00e8te. Un milliard d&#8217;humains dans des bidonvilles<\/em>, Paris&nbsp;: Syros, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a>DAMON J., In\u00e9galit\u00e9s et pauvret\u00e9s urbaines, <em>Op.cit. <\/em>DAMON J., <em>Un monde de bidonvilles<\/em>, <em>Op.cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a>TRICORNOT A. (de), La crise frappe encore plus violemment les pays pauvres, <em>Le Monde, 28 avril, <\/em>2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a>DAVIS M., <em>Le pire des mondes possibles. De l&#8217;explosion urbaine au bidonville global<\/em>, Paris&nbsp;: La D\u00e9couverte, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a>WACQUANT L., <em>Parias urbains<\/em>, Paris&nbsp;: La D\u00e9couverte, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a>M\u00eame si la France par exemple conna\u00eet depuis quelques ann\u00e9es une r\u00e9apparition des bidonvilles. La D\u00e9l\u00e9gation interminist\u00e9rielle \u00e0 l\u2019h\u00e9bergement et \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au logement (DIHAL) recense 17&nbsp;500&nbsp;personnes vivant au sein de 569&nbsp;bidonvilles. Le nombre de personnes en bidonville est selon la DIHAL stationnaire depuis 2012, mais en revanche il existe une augmentation du nombre de bidonvilles, ce qui t\u00e9moigne de la dispersion croissante du ph\u00e9nom\u00e8ne. DAMON J., <em>Un monde de bidonvilles<\/em>, Paris&nbsp;: Seuil, 2017. DAUBEUF J.-B., MARCHAL H., BESOZZI T., <em>Id\u00e9es re\u00e7ues sur les bidonvilles en France<\/em>, Paris&nbsp;: Le Cavalier Bleu, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a>MARCHAL H., ST\u00c9B\u00c9 J.-M., <em>La ville au risque du ghetto<\/em>, Paris&nbsp;: Lavoisier, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a>Terme utilis\u00e9 par le g\u00e9ographe Jean Gottmann&nbsp;; les villes mondiales sont \u00e9galement d\u00e9nomm\u00e9es des \u00ab&nbsp;m\u00e9tropoles mondiales&nbsp;\u00bb (Paul Vidal de la Blache), des \u00ab&nbsp;villes globales&nbsp;\u00bb &#8211; <em>Global Cities<\/em> (Saksia Sassen), ou encore des \u00ab&nbsp;Villes-Monde&nbsp;\u00bb (Jacques L\u00e9vy)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a>Pr\u00e9cisons que l\u2019AMM est constitu\u00e9 de plusieurs grappes de villes&nbsp;: 1\/ la \u00ab&nbsp;dorsale europ\u00e9enne&nbsp;\u00bb reliant quelques villes de l\u2019Europe de l\u2019ouest (Londres, Paris, Gen\u00e8ve, Milan\u2026)&nbsp;; 2\/ la \u00ab&nbsp;perspective est-\u00e9tatsunienne&nbsp;\u00bb rassemblant les grandes m\u00e9tropoles de l\u2019est des USA (Boston, New York, Philadelphie, Baltimore, Washington)&nbsp;; 3\/ l\u2019\u00ab&nbsp;axe californien&nbsp;\u00bb r\u00e9unissant les p\u00f4les \u00e9conomiques de l\u2019ouest am\u00e9ricain (Seattle, San Francisco, Los Angeles, San Diego)&nbsp;; 4\/ le \u00ab&nbsp;croissant asiatique&nbsp;\u00bb traversant l\u2019est de l\u2019Asie (Singapour, Hong Kong, Shanghai, S\u00e9oul, Tokyo\u2026). Cette ensemble couvre un peu plus d\u2019une vingtaine de villes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a>DOLLFUS O., L\u2019espace des pays riches \u00e0 la fin du si\u00e8cle, <em>L&#8217;espace G\u00e9ographique<\/em>, n\u00b0 4, p.&nbsp;241-243, 1988.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a>LEVY J., Mondialisation des villes, <em>in<\/em> ST\u00c9B\u00c9 J.-M., MARCHAL H. (dir.), <em>Trait\u00e9 sur la ville<\/em>, Paris&nbsp;: PUF, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a>ASCHER F., <em>M\u00e9tapolis ou l\u2019avenir des villes<\/em>, Paris&nbsp;: Odile Jacob, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a>DOLLFUS O., <em>La mondialisation<\/em>, Paris&nbsp;: Presses de Sciences Po, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a>Oxfam, 2017.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a><em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a>VELTZ P., L&#8217;\u00e9conomie de toutes les mobilit\u00e9s, <em>in<\/em> ALLEMAND S., ASCHER F., L\u00c9VY J. (dir.), <em>Les sens du mouvement, <\/em>Paris&nbsp;: Belin, 2004<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a>Les disparit\u00e9s entre les pays d\u2019Afrique restent abyssales et varient de 1 \u00e0 50. En queue, on trouve la Somalie et l\u2019\u00c9rythr\u00e9e, accompagn\u00e9s du Burundi o\u00f9 Internet n\u2019est accessible que par moins de 2 % de la population. Compte tenu de ses moyens, l\u2019Alg\u00e9rie affiche un taux de p\u00e9n\u00e9tration de 19,7&nbsp;% qui la place \u00e0 la 22e&nbsp;position sur le continent, nettement derri\u00e8re ses voisins marocain, tunisien et \u00e9gyptien, tous les trois dans la <em>Ten List<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a>Internet Live Stats, 2017<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a>LEFEBVRE H., <em>La r\u00e9volution urbaine, <\/em>Paris&nbsp;: Gallimard, 1970.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a>WEBBER M.,<em> L\u2019urbain sans lieu ni bornes,<\/em> La Tour d\u2019Aigues&nbsp;: \u00c9ditions de l\u2019Aube, 1998, [1964].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a>PAQUOT T., <em>Terre urbaine, <\/em>Paris&nbsp;: La D\u00e9couverte, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a>DEZ\u00c8S M.-G., <em>La politique pavillonnaire, <\/em>Paris&nbsp;: L\u2019Harmattan, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref42\">[42]<\/a>Les familles fran\u00e7aises, mais \u00e9galement celles de nombreux autres pays de l\u2019Europe de l\u2019Ouest, souhaitent suivre le mode de vie am\u00e9ricain \u2013 l\u2019<em>American way of life<\/em> \u2013 qui repose sur la consommation de masse. La voiture et le pavillon font partie avec les vacances, les appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers\u2026 de cette consommation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref43\">[43]<\/a>Du nom du ministre de l\u2019Urbanisme de l\u2019\u00e9poque, Albin Chalandon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a>ST\u00c9B\u00c9 J.-M., MARCHAL H.,<em> La France p\u00e9riurbaine,<\/em> Paris&nbsp;: PUF, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref45\">[45]<\/a>Rappelons \u00e0 ce propos qu\u2019en 1924 plus de 80&nbsp;% du stock mondial d\u2019automobiles se trouvent aux USA, ce qui correspond \u00e0 17&nbsp;millions de v\u00e9hicules. En outre, certains projets urbanistiques, comme celui \u00e9labor\u00e9 par l\u2019architecte Frank Lloyd Wright, <em>Broadacre city<\/em>, ont plac\u00e9 l\u2019automobile au centre de l\u2019organisation de la vie quotidienne. Maumi C., Usonia ou le mythe de la ville-nature am\u00e9ricaine, Paris&nbsp;: La Villette, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a>TEAFORD J.C., <em>The Metropolitan Revolution. The Rise of Post-Urban America,<\/em> New York : Columbia University Press, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a>ALLAIN R., Formes urbaines et mobilit\u00e9s. Vers un retour \u00e0 la ville lin\u00e9aire, in DUMONT M., HELLIER E. (dir.), <em>Les nouvelles p\u00e9riph\u00e9ries urbaines<\/em>, Presses universitaires de Rennes, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a>MANGIN D., <em>La ville franchis\u00e9e,<\/em> Paris&nbsp;: \u00c9ditions de la Villette, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a>INSEE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a>Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a>LE BRETON \u00c9., <em>Domicile-travail&nbsp;: les salari\u00e9s \u00e0 bout de souffle,<\/em> Paris&nbsp;: Les Carnets de l\u2019info, 2008.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a>DESJARDINS X., METTETAL L., L\u2019habitat p\u00e9riurbain face \u00e0 l\u2019enjeu \u00e9nerg\u00e9tique, <em>Flux<\/em>, n\u00b0&nbsp;89-90, p. 46-57, 2012.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a>NESSI H., CONTI B., PROULHAC L., SAJOUS P., TH\u00c9BERT M., La mobilit\u00e9 p\u00e9riurbaine&nbsp;: le changement, c\u2019est pour quand&nbsp;?, EspacesTemps.net, 2017[en ligne],<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref54\">[54]<\/a>In Mani\u00e8re de voir. <em>Le Monde diplomatique,<\/em> n\u00b0&nbsp;114, 2010-2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> INSEE, Recensement de la population, 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a>TOUATI A., Histoire des discours sur la densit\u00e9, <em>\u00c9tudes fonci\u00e8res,<\/em> n\u00b0&nbsp;145, p. 24-26, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a><em>Ibid.<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a><em>Ibid.<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a>Construire dans mon jardin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a>L\u00c9GER J.-M., Densification des lotissements&nbsp;: les pavillonnaires font de la r\u00e9sistance,<em> \u00c9tudes fonci\u00e8res<\/em>, n\u00b0&nbsp;145, p. 33-35, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a>Pas dans mon jardin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref62\" id=\"_ftn62\">[62]<\/a>GATEAU M., JEGOU A. (dir.), <em>Formes et enjeux de la densification. Vers un am\u00e9nagement durable des territoires bourguignons&nbsp;?<\/em>, Rapport d\u2019\u00e9tude, Dijon&nbsp;: MSH, ADEME-DREAL-CRB, 2015.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Jean-Marc St\u00e9b\u00e9 reprenant le contenu de son introduction \u00e0 la table ronde des RIM 1, d\u00e9cembre 2017 Depuis plus de cinquante ans maintenant, les initiatives se multiplient au niveau mondial pour d\u00e9noncer les limites du \u00ab&nbsp;r\u00e9gime d\u2019accumulation existant&nbsp;\u00bb[1]. Plus de quarante apr\u00e8s la Conf\u00e9rence des Nations unies \u00e0 Stockholm[2] et le Rapport Meadows[3], &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/rencontres-interdisciplinaires\/rim-1-un-etat-des-lieux-pour-agir\/des-villes-sous-haute-tension-jean-marc-stebe\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Des villes sous haute tension \/\/ Jean-Marc St\u00e9b\u00e9<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":34,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"class_list":["post-68","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/68","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/68\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":213,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/68\/revisions\/213"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}