{"id":123,"date":"2022-08-23T08:08:03","date_gmt":"2022-08-23T06:08:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/?page_id=123"},"modified":"2022-08-23T08:08:03","modified_gmt":"2022-08-23T06:08:03","slug":"decoloniser-nos-imaginaires-entre-recit-risques-et-ressources-geoffrey-clamour","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/decoloniser\/decoloniser-nos-imaginaires-entre-recit-risques-et-ressources-geoffrey-clamour\/","title":{"rendered":"D\u00e9coloniser nos imaginaires\u00a0: Entre r\u00e9cit, risques et ressources \/\/ Geoffrey Clamour"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Compte-rendu de conf\u00e9rence, mardi 11 mai 2021, ENSArchitecture Nancy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Geoffrey Clamour, architecte-urbaniste, est co-fondateur de l\u2019agence les Marneurs (Paris-Bruxelles) et enseigne \u00e0 l\u2019ENSA Nancy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019agence d\u2019architecture les Marneurs, fond\u00e9e par trois amis devenus associ\u00e9s (deux architectes et un paysagiste), souhaite \u00ab&nbsp;faire diff\u00e9remment&nbsp;\u00bb des architectes du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et ce en int\u00e9grant les sp\u00e9cificit\u00e9s morphologiques des sites dans des projets \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles&nbsp;: grands territoires, cit\u00e9s, espaces publics, architectures&#8230; Leurs interventions sont souvent situ\u00e9es sur le littoral fran\u00e7ais, un territoire qui s\u2019est consid\u00e9rablement artificialis\u00e9 durant la p\u00e9riode moderne et avec l\u2019industrialisation de l\u2019acte de b\u00e2tir, et ce, souvent en l\u2019absence de toute consid\u00e9ration \u00e9cologique, \u00e9co-syst\u00e9mique ou patrimoniale. Le changement climatique et ses cons\u00e9quences (temp\u00eates, submersions, mont\u00e9e du niveau des eaux des oc\u00e9ans\u2026) rappellent aujourd\u2019hui que l\u2019\u00eatre humain ne peut pas n\u00e9cessairement s\u2019installer partout. Acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es par ces transformations, les dynamiques naturelles reprennent parfois leur droit sur le territoire, au prix d\u2019un lourd bilan \u00e9conomique, mat\u00e9riel et humain important. Faut-il alors quitter les littoraux&nbsp;? Comment les fabriquer diff\u00e9remment, en s\u2019\u00e9mancipant des mani\u00e8res de faire h\u00e9rit\u00e9es des Trente Glorieuses&nbsp;? Devons-nous les habiter autrement&nbsp;? \u00c0 travers chaque projet qu\u2019il pr\u00e9sente, celui \u00e0 La Rochelle, celui \u00e0 Cherbourg et celui \u00e0 Toulouse, Geoffroy Clamour propose trois \u00e9tapes pour se r\u00e9approprier les territoires littoraux : vivre avec le risque plut\u00f4t que chercher \u00e0 le combattre, prendre la mesure des ressources disponibles sur le site et, enfin, mettre en r\u00e9cit le territoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au travers de l\u2019exemple de la Rochelle, il montre que pour retrouver des paysages extensifs plut\u00f4t qu\u2019artificiels, il faut red\u00e9finir les limites des littoraux et des villes en r\u00e9am\u00e9nageant la dune et en la redonnant au littoral. Il propose de questionner les enrochements pos\u00e9s \u00e0 La Rochelle suite \u00e0 la temp\u00eate Xynthia&nbsp;: ceux-ci cr\u00e9ent une barri\u00e8re physique et psychologique avec la mer et les marais. Ainsi, le changement climatique a modifi\u00e9 notre relation au trait de c\u00f4te&nbsp;: celui-ci s\u2019est artificialis\u00e9 et nous avons pris nos distances avec lui.&nbsp;Or, le syst\u00e8me des mar\u00e9es d\u00e9finit une g\u00e9ographie tr\u00e8s fine et des paysages singuliers, alors qu\u2019au contraire, l\u2019artificialisation de la c\u00f4te d\u00e9truit et fragilise ce syst\u00e8me naturel&nbsp;: la transformation des marais salants en marais ostr\u00e9icoles, l\u2019ass\u00e8chement progressif des marais doux, la temp\u00eate Xynthia, les inondations et l\u2019\u00e9rosion red\u00e9finissent le paysage littoral. Au travers de l\u2019exemple de l\u2019agriparc de Cherbourg, Geoffroy Clamour choisit de ne pas partir de la situation existante (d\u00e9sindustrialisation du port) comme point de d\u00e9part de sa r\u00e9flexion urbaine et architecturale&nbsp;; il cherche plut\u00f4t \u00e0 comprendre la ville de Cherbourg avant sa pold\u00e9risation et \u00e0 comprendre le fonctionnement du territoire avant l\u2019artificialisation de terres sur la mer avec, pour objectif, le fa\u00e7onnage d\u2019un am\u00e9nagement du quai Lawton-Collins. Une autre question sous-jacente \u00e9merge alors&nbsp;; que faire d\u2019un espace pold\u00e9ris\u00e9 (gagn\u00e9 sur la mer) pour intensifier l\u2019urbanisme sur ces espaces et penser la ville de demain&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A La Rochelle comme \u00e0 Cherbourg, Geoffroy Clamour se questionne constamment, comment mettre en r\u00e9cit un projet d\u2019am\u00e9nagement en lien avec la g\u00e9ographie perdue&nbsp;? Comment rechercher, par une analyse objective, une identit\u00e9 pour ce littoral&nbsp;? L\u2019impact fort sur la valorisation du paysage qu\u2019ont les am\u00e9nagements des littoraux reposent des questions sur leur \u00e9ventuelle modularit\u00e9 ou d\u00e9montabilit\u00e9&nbsp;: comment construire avec les risques&nbsp;? Comment redonner leur valeur \u00e0 ces lieux parfois devenus friches dans un territoire \u00ab&nbsp;\u00e0 risque&nbsp;\u00bb&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 toutes ces probl\u00e9matiques, Geoffroy Clamour propose de reprendre la logique g\u00e9omorphologique du site pour dessiner des espaces publics qui ne se soumettent pas ni ne dominent la mont\u00e9e des eaux, mais qui suivent son mouvement. Cette approche du risque et de l\u2019eau fait ainsi na\u00eetre, dans les projets de l\u2019agence, une architecture amphibienne qui accepte d\u2019\u00eatre innond\u00e9e et qui peut proposer un \u00ab&nbsp;spectacle de la submersion&nbsp;\u00bb. L\u2019architecture qu\u2019ils dessinent joue avec le temps, dans sa dimension tant m\u00e9t\u00e9orologique que temporelle&nbsp;: certains usages par exemple suivent le mouvement des mar\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Toulouse, afin de cr\u00e9er des espaces publics pertinents et de construire des logements mara\u00eechers qualitatifs, les Marneurs cherchent \u00e0 retrouver le trac\u00e9 parcellaire pr\u00e9existant pour r\u00e9installer un espace agricole polyculturel. Pour eux, s\u2019appuyer sur la trame mara\u00eech\u00e8re et l\u2019histoire locale permet de retrouver les cheminements perdus qui connectaient autrefois la ville et son environnement proche. Par la cr\u00e9ation d\u2019un parc agricole, d\u2019un parc public et d\u2019un habitat social en lien avec une culture mara\u00eech\u00e8re, les Marneurs r\u00e9ussissent \u00e0 allier espaces paysagers qualitatifs et contemplatifs, espaces nourriciers et espaces producteurs de ressources biodiversitaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019ensemble de ces projets, il appara\u00eet manifestement que les Marneurs proposent de r\u00e9actualiser les paysages, en proposant une philosophie d\u2019am\u00e9nagements qui prend en consid\u00e9ration les milieux et les \u00e9cosyst\u00e8mes existants et les enrichit, ainsi que les dynamiques morphologiques et naturelles qui leur sont li\u00e9es. En retrouvant des lieux pouvant jouer le r\u00f4le de tampons en cas de submersion, en re-cr\u00e9eant des marais, en fabriquant un skateparc avec des sols perm\u00e9ables ou des sentiers mobiles avec pontons d\u00e9montables\u2026, les Marneurs r\u00e9ussissent \u00e0 mettre en r\u00e9cit le territoire en s\u2019appuyant sur une approche historique et patrimoniale locales. Pour Geoffroy Clamour, d\u00e9coloniser la figure de l\u2019architecte planificateur, c\u2019est ainsi utiliser le r\u00e9cit comme outil de conception, voire en tant que projet lui-m\u00eame, mais aussi changer nos imaginaires avant m\u00eame de r\u00e9aliser ces projets. Reconna\u00eetre et relever les complexit\u00e9s qui r\u00e9gissent le temps, les acteurs priv\u00e9s et institutionnels, ainsi que les moyens mis en \u0153uvre dans un projet font partie du r\u00f4le de l\u2019architecte, il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 s\u2019en saisir pour concevoir diff\u00e9remment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu de conf\u00e9rence, mardi 11 mai 2021, ENSArchitecture Nancy. Geoffrey Clamour, architecte-urbaniste, est co-fondateur de l\u2019agence les Marneurs (Paris-Bruxelles) et enseigne \u00e0 l\u2019ENSA Nancy. 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