{"id":101,"date":"2022-08-22T14:56:00","date_gmt":"2022-08-22T12:56:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/?page_id=101"},"modified":"2022-08-22T14:56:00","modified_gmt":"2022-08-22T12:56:00","slug":"tentatives-decoute-daccompagnement-et-douverture-antoine-begel","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/decoloniser\/tentatives-decoute-daccompagnement-et-douverture-antoine-begel\/","title":{"rendered":"Tentatives d\u2019\u00e9coute, d\u2019accompagnement et d\u2019ouverture \/\/ Antoine B\u00e9gel"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Compte-rendu de conf\u00e9rence, mardi 9 mars 2021, ENSArchitecture Nancy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Antoine B\u00e9gel est architecte chez Commune \u00e0 Lyon, doctorant au laboratoire GERPHAU et enseignant \u00e0 l\u2019ENSA de Clermont-Ferrand.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Puisque tout est fini alors tout est permis&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> est l\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019Antoine B\u00e9gel et, puisque tout est permis, il nous invite \u00e0 d\u00e9placer nos mani\u00e8res de faire et d\u2019\u00eatre pour \u00ab D\u00e9coloniser nos vies et nos imaginaires \u00bb. \u00c0 partir de trois projets r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019atelier Commune auquel il participe &#8211; une \u00e9tude urbaine et patrimoniale \u00e0 Ch\u00e2nes, une restauration d\u2019\u00e9difice industriel et r\u00e9alisation d\u2019am\u00e9nagements urbains \u00e0 Thiers, et la r\u00e9habilitation d\u2019un grenier \u00e0 foin en habitation \u00e0 Lantenay -, Antoine B\u00e9gel nous raconte trois de leurs tentatives de d\u00e9placements, correspondant \u00e0 trois \u00e9chelles de projet diff\u00e9rentes. Il nous partage les pr\u00e9mices d\u2019un d\u00e9sir de faire ; \u00ab&nbsp;non pas pour limiter, tuer, recouvrir, oublier, exclure ou poss\u00e9der, mais pour \u00e9couter, partager, accueillir, inclure, enrichir, r\u00e9v\u00e9ler, r\u00e9parer, accompagner, ouvrir\u2026&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, et explique aussi les embuches qui l\u2019accompagnent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le collectif Commune, compos\u00e9 de huit personnes, cherche \u00e0 construire une architecture sans dominer les habitants et les artisans, et \u00e0 sortir d\u2019une attitude totalitaire en n\u2019imposant pas de mani\u00e8re de faire. Pluriprofessionnel (chercheurs, praticiens, enseignants), il se sert de la diminution &#8211; des co\u00fbts, des moyens de transports, de la production de mat\u00e9riaux\u2026 &#8211; comme d\u2019un levier pour imaginer et inventer de nouvelles formes et de nouveaux processus. La volont\u00e9 de pratiquer l\u2019architecture diff\u00e9remment pousse ces professionnels \u00e0 repenser nos mani\u00e8res de faire de l\u2019architecture&nbsp;: leur atelier propose de se d\u00e9tacher du sch\u00e9ma ternaire \u00ab&nbsp;pr\u00e9-moderne, moderne, postmoderne&nbsp;\u00bb qui oriente notre lecture de la production architecturale, et de s\u2019\u00e9carter des r\u00e8gles de l\u2019architecture \u00ab internationale&nbsp;\u00bb, pour pratiquer local et construire une conception bas\u00e9e sur le r\u00e9cit int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire. Cette r\u00e9invention du m\u00e9tier d\u2019architecte les am\u00e8ne \u00e0 \u00ab&nbsp;construire peu mais mieux&nbsp;\u00bb et, dans le contexte d\u2019urgences actuel, \u00e0 requestionner les certitudes et les fa\u00e7ons de construire. Leur architecture \u00ab&nbsp;simple&nbsp;\u00bb et tourn\u00e9e vers son environnement, au travers du dessin des d\u00e9tails et par les usages qu\u2019elle rend possibles, s\u2019enrichit d\u2019une pratique locale, qu\u2019elle soit mat\u00e9rielle ou attach\u00e9e \u00e0 des savoir-faire. Amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser des am\u00e9nagements urbains \u00e0 Thiers par exemple, l\u2019atelier d\u2019architecture propose de travailler avec les mat\u00e9riaux issus de b\u00e2timents effondr\u00e9s pr\u00e9sents au sein de la commune. \u00c0 Ch\u00e2nes, la richesse de l\u2019intervention consiste en l\u2019identification et la mise en \u0153uvre des ressources locales, autant en termes de mat\u00e9riaux qu\u2019en terme d\u2019histoire, et d\u2019une auto-construction.<\/p>\n\n\n\n<p>Au travers de la pr\u00e9sentation de leur travail, nous comprenons aussi que, par-del\u00e0 les questions mat\u00e9rielles, ce sont les rumeurs et les r\u00e9cits des habitants qui constituent l\u2019attachement d\u2019un village, ou d\u2019une ville, \u00e0 son territoire. En pensant celui-ci comme un bien commun qu\u2019il faut enrichir, r\u00e9v\u00e9ler et rendre plus hospitalier, Antoine B\u00e9gel r\u00e9interroge la charge existentielle de l\u2019architecture. Par ailleurs, repenser l\u2019architecture dans une \u00e9conomie sociale et solidaire, c\u2019est repenser la mani\u00e8re m\u00eame de faire du projet. Ainsi, la simplicit\u00e9 recherch\u00e9e est pr\u00e9texte \u00e0 produire des dessins, des outils graphiques et de conception accessibles par le plus grand nombre.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le dessin axonom\u00e9trique restituant l\u2019ensemble du village de Ch\u00e2nes gr\u00e2ce \u00e0 un point de vue \u00e9loign\u00e9, la coupe-perspective d\u00e9taill\u00e9e \u00e0 Thiers qui explique le syst\u00e8me racinaire d\u2019un arbre, ou encore les lettres-r\u00e9cit \u00e9crites par les habitants de la maison \u00e0 Lantenay, font na\u00eetre des \u00e9changes collectifs, am\u00e8nent les habitants \u00e0 r\u00e9agir ou lancent des d\u00e9bats. Au travers des discussions qui se cr\u00e9ent autour de ces outils ou dans ces chantiers-\u00e9coles, Commune cherche \u00e0 construire du \u00ab&nbsp;commun&nbsp;\u00bb, tant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville qu\u2019au sein m\u00eame de l\u2019atelier d\u2019architecture ou qu\u2019entre les habitants d\u2019un m\u00eame projet de maison. Ainsi, pour ce collectif, comprendre les attentes et les envies des habitants pour initier une conception qualitative et attentive d\u2019un projet c\u2019est aussi enrichir et faire \u00e9voluer la pratique m\u00eame du m\u00e9tier d\u2019architecte. Bien que les divers outils de travail propos\u00e9s n\u2019aboutissent pas toujours \u00e0 un projet construit, ils permettent une chose&nbsp;essentielle : prendre son temps pour la r\u00e9flexion. Ainsi, ce que nous montre l\u2019intervention d\u2019Antoine B\u00e9gel, c\u2019est comment sortir de l\u2019urgence et gagner du \u00ab&nbsp;temps&nbsp;\u00bb&nbsp;: en passant du temps avec les choses et les gens, r\u00e9ussit-on \u00e0 faire penser les habitants&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> &nbsp;Collectif Catastrophe, \u00ab&nbsp;Tout est fini alors tout est permis&nbsp;\u00bb, Lib\u00e9ration, TRIBUNE, publi\u00e9 le 22 septembre 2016, disponible sur&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/debats\/2016\/09\/22\/puisque-tout-est-fini-alors-tout-est-permis_1506625\/\">https:\/\/www.liberation.fr\/debats\/2016\/09\/22\/puisque-tout-est-fini-alors-tout-est-permis_1506625\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a>&nbsp; BEGEL Antoine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu de conf\u00e9rence, mardi 9 mars 2021, ENSArchitecture Nancy. Antoine B\u00e9gel est architecte chez Commune \u00e0 Lyon, doctorant au laboratoire GERPHAU et enseignant \u00e0 l\u2019ENSA de Clermont-Ferrand. \u00ab&nbsp;Puisque tout est fini alors tout est permis&nbsp;\u00bb[1] est l\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019Antoine B\u00e9gel et, puisque tout est permis, il nous invite \u00e0 d\u00e9placer nos mani\u00e8res de faire &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/decoloniser\/tentatives-decoute-daccompagnement-et-douverture-antoine-begel\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Tentatives d\u2019\u00e9coute, d\u2019accompagnement et d\u2019ouverture \/\/ Antoine B\u00e9gel<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":19,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"class_list":["post-101","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=101"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/101\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":102,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/101\/revisions\/102"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/19"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.architecture-mutations.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}